La retraite progressive permet aux salariés de réduire progressivement leur activité avant d’atteindre l’âge légal de retraite. Cette page précise les conditions que vous devez remplir pour y accéder et explique comment ce dispositif fonctionne. Les critères sont objectifs et identiques pour tous les salariés du secteur privé, mais ils varient selon votre situation professionnelle.
Qui peut accéder à la retraite progressive ?
Vous pouvez accéder à la retraite progressive si vous êtes salarié du secteur privé relevant du régime général et si vous répondez à deux conditions obligatoires : avoir atteint 60 ans minimum (cette condition est entrée en vigueur le 1er septembre 2025) et justifier d’une durée d’assurance de 150 trimestres validés. Ces deux critères doivent être satisfaits simultanément pour que votre demande soit recevable.
Ces 150 trimestres se calculent sur l’ensemble de votre carrière, tous les régimes de base confondus. Vous ne partez donc pas de zéro si vous avez changé d’emploi ou de région plusieurs fois au cours de votre vie professionnelle. Un trimestre validé signifie qu’il a été enregistré dans votre dossier de retraite par la Caisse d’Assurance Retraite, qu’il soit issu de cotisations ou du statut particulier de votre situation. Ce décompte inclut les périodes de travail réel comme les périodes reconnues par la loi.
Parmi ces 150 trimestres, un certain nombre peuvent ne pas provenir directement du travail. Les trimestres assimilés comptent dans ce décompte total. Cela concerne les périodes de chômage, les arrêts pour maladie, les congés de maternité, les périodes d’invalidité temporaire, et le service militaire. Ces trimestres « gratuits » s’ajoutent à vos trimestres de cotisation. En d’autres termes, votre durée d’assurance s’accumule même quand vous ne travaillez pas, pour certains motifs protégés par la loi.
Si vous êtes salarié des régimes spéciaux (SNCF, EDF, fonction publique), vous êtes soumis à des règles qui vous sont propres. Vous devez vérifier directement auprès de votre caisse de retraite les conditions spécifiques qui s’appliquent à vous. De même, les travailleurs non-salariés (professions libérales, commerçants, artisans) disposent de conditions distinctes et doivent se renseigner auprès de L’Assurance Retraite pour connaître les règles qui les concernent.
Quelle doit être votre activité professionnelle pendant la retraite progressive ?
Une condition clé de la retraite progressive est la poursuite d’une activité professionnelle rémunérée, à une quotité d’activité comprise entre 40 % et 80 % de la durée légale ou conventionnelle applicable à votre emploi. Par exemple, une quotité de 40 % signifie que vous travaillez 2 jours par semaine dans une entreprise fonctionnant sur 5 jours. Une quotité de 50 % représente une réduction à mi-temps, et une quotité de 80 % correspond à 3 jours sur 5 jours. Cette plage permet une réduction progressive sans rupture totale avec le marché du travail.
Vous pouvez poursuivre chez votre employeur actuel ou chercher un nouvel emploi offrant cette quotité, du moment qu’il s’agit d’une activité professionnelle réelle et rémunérée. Aucun domaine professionnel n’est exclu du dispositif.
Si vous êtes travailleur indépendant ou profession libérale, les règles changent sensiblement. Vous devez conserver un revenu professionnel annuel minimum égal à 40 % du SMIC brut en vigueur au 1er janvier de l’année considérée, ce qui représente 729,21 euros en 2026. De plus, ce revenu doit se situer entre 40 % et 80 % des revenus professionnels moyens que vous avez dégagés au cours des cinq années précédentes. Ce calcul nécessite une justification chiffrée auprès de L’Assurance Retraite.
Quels trimestres comptent pour atteindre les 150 trimestres requis ?
Le décompte des 150 trimestres ne se limite pas aux trimestres de cotisation liés au travail. La loi reconnaît plusieurs catégories de trimestres qui cumulent pour former votre durée d’assurance totale. Les trimestres de cotisation constituent la base : ils correspondent aux périodes où vous ou votre employeur avez versé des cotisations sociales.
Au-delà des trimestres travaillés, les trimestres assimilés renforcent votre dossier. Ceux-ci incluent les périodes de chômage, les arrêts pour maladie, les congés de maternité, les périodes d’invalidité temporaire, et les périodes de service militaire. Chacune de ces situations « gèle » temporairement votre carrière sans la rompre et contribue à votre total de trimestres de manière équivalente aux trimestres travaillés.
La loi prévoit aussi un mécanisme appelé « attribution de trimestres supplémentaires » pour certaines situations familiales. L’Assurance Vieillesse des Parents au Foyer (AVPF) en est un exemple : si vous avez élevé un enfant ou pris soin d’une personne dépendante et avez bénéficié de l’AVPF, des trimestres supplémentaires peuvent s’ajouter à votre compte. Ces différentes catégories de trimestres s’additionnent sans restriction : vous ne devez pas choisir entre elles, vous pouvez tous les cumuler jusqu’à atteindre et dépasser les 150 trimestres requis.
Continuerez-vous à cotiser pendant la retraite progressive ?
Une question fréquente concerne les cotisations sociales après le début de la retraite progressive. La réponse est affirmative : vous continuez à cotiser au régime de retraite de base et aux régimes complémentaires durant toute la période de retraite progressive, sur la base de votre revenu réduit (compris entre 40 % et 80 % de votre revenu antérieur selon votre quotité choisie). Vos cotisations sont prélevées normalement, sans allègement ni exonération particulière.
Le fait de continuer à cotiser pendant la retraite progressive crée un bénéfice direct à long terme. Chaque trimestre supplémentaire cotisé améliore le montant de votre pension définitive une fois que vous liquiderez votre retraite à titre complet. En d’autres termes, la période de retraite progressive ne « coûte » pas à votre retraite finale : elle la renforce. Ces cotisations sont enregistrées dans votre dossier et contribuent à augmenter votre nombre de trimestres validés ainsi que votre salaire de référence pour le calcul de la pension.
Existe-t-il des particularités selon votre situation professionnelle ?
Les règles énoncées ci-dessus s’appliquent aux salariés du secteur privé relevant du régime général. Cependant, votre situation professionnelle peut influencer l’accès ou le fonctionnement de la retraite progressive. Les agents de la fonction publique sont assujettis à des régimes distincts avec leurs propres seuils d’âge, durées d’assurance et règles de cumul d’emplois. Vous devez vous adresser directement à votre caisse de retraite ou à votre département des ressources humaines pour connaître les règles applicables à votre situation.
Les travailleurs non-salariés, y compris les artisans, les commerçants et les professions libérales, sont couverts par des régimes obligatoires différents. Bien que la retraite progressive existe dans ces cadres, les modalités de calcul, les seuils de revenu et les durées d’assurance peuvent différer sensiblement. L’Assurance Retraite propose des informations spécifiques pour ces publics et une étude personnalisée est fortement recommandée avant de vous engager dans le processus de demande.
Un point important à retenir : la retraite progressive est incompatible avec le maintien d’une activité à temps plein. Vous ne pouvez pas cumuler une retraite progressive et un emploi à temps plein. Cette condition protège l’intention du dispositif, qui est de faciliter une transition progressive vers le retrait du marché du travail, non de permettre une augmentation des revenus sans réduction du temps de travail.
Cette page est à titre informatif. Pour une étude de votre situation spécifique, contactez votre Caisse d’Assurance Retraite locale.




