Les vertiges sont l’une des plaintes les plus courantes en consultation médicale. Comprendre d’où ils viennent et évaluer leur gravité aide à savoir si une visite médicale s’impose vraiment. La cause peut être bénigne ou révéler un problème de l’oreille interne, du cerveau, ou simplement une baisse de tension artérielle.
Qu’est-ce qu’un vertige ?
Un vertige vrai est une sensation de rotation ou de mouvements involontaires autour de soi, même immobile. Le monde semble tourner, les objets bougent alors qu’ils ne bougent pas. C’est différent d’un simple étourdissement, où la personne se sent confuse ou instable sans cette illusion de mouvement. Le vertige vrai est plus spécifique et plus incapacitant.
Les médecins distinguent deux grands types de vertiges. Le vertige périphérique provient de l’oreille interne, la zone de l’équilibre. Le vertige central émane du cerveau ou des voies neurologiques. Cette distinction compte parce qu’elle guide le diagnostic et le traitement. Un vertige périphérique est souvent bénin ; un vertige central demande plus de vigilance.
L’oreille interne contient le système vestibulaire, un réseau de canaux remplis de liquide qui détecte les mouvements de la tête et maintient l’équilibre. Quand ce système fonctionne bien, le cerveau reçoit des signaux clairs sur la position du corps. Quand il s’enraye, c’est le vertige.
Le VPPB, la cause la plus fréquente
Le vertige paroxystique positionnel bénin (VPPB) est le responsable le plus courant. Ce nom savant cache une explication simple : de minuscules cristaux de calcium, appelés otolithes, se déplacent dans les canaux de l’oreille interne. Normalement, ces cristaux restent en place. Parfois, ils se détachent et flottent librement, déclenchant une sensation de rotation.
Le VPPB représente 17 à 34 % de tous les cas de vertiges. C’est-à-dire que sur dix personnes qui consultent pour vertige, au moins une ou deux ont un VPPB. Environ 2 % des adultes en souffrent à un moment de leur vie. Les femmes sont nettement plus touchées que les hommes, et les cas se multiplient après 60 ans, avec un pic entre 60 et 80 ans.
Les symptômes du VPPB sont caractéristiques : vertiges brefs et intenses, provoqués par un mouvement de tête. Ce type de vertige est généralement inoffensif une fois que l’otolithe s’est stabilisée ou réabsorbée par le corps.
L’origine du VPPB reste mystérieuse dans 70 % des cas : aucune cause identifiée. Un trauma crânien explique 20 % des situations. Une autre pathologie de l’oreille interne en compte 10 %. Même sans cause claire, le pronostic reste bon : le cristal finit par se stabiliser ou est réabsorbé par le corps.
Parmi les canaux affectés, le canal postérieur est le siège du VPPB dans 85 à 95 % des cas. Le canal horizontal est touché dans 5 à 15 % des cas. Cette distinction importe pour les tests cliniques et la manœuvre de rééducation que le médecin peut proposer.
La récidive est fréquente : 30 à 50 % des personnes ayant souffert de VPPB voient le vertige réapparaître dans les deux ans qui suivent. Ce n’est pas une détérioration grave, mais une tendance naturelle à la rechute. Les cristaux peuvent se redétacher.
Autres causes des vertiges
Au-delà du VPPB, plusieurs pathologies de l’oreille interne provoquent des vertiges. La maladie de Ménière accumule du liquide dans l’oreille interne, créant une pression anormale. Celle-ci provoque vertiges, acouphènes (bourdonnements d’oreille) et une baisse auditive progressive. Les crises sont bien plus longues que le VPPB.
La névrite vestibulaire est l’inflammation du nerf vestibulaire, qui transmet l’information d’équilibre au cerveau. L’infection virale ou inflammatoire irrite ce nerf, déclenchant un vertige intense et soudain. La labyrinthite, inflammation du labyrinthe (l’oreille interne elle-même), provoque des symptômes semblables, souvent après une otite moyenne.
La presbyvestibulopathie est le vieillissement naturel du système vestibulaire avec l’âge. Les cellules sensorielles s’usent, la transmission des signaux ralentit et devient imprécise. L’équilibre devient fragile, les vertiges légers et diffus sont fréquents, notamment à la levée ou en milieu sombre.
D’autres causes non-ORL provoquent aussi des vertiges. La fatigue chronique, le stress intense et l’anxiété peuvent déclencher une sensation d’instabilité. Une baisse soudaine de la tension artérielle fait tourner la tête au lever ou après l’effort. Les problèmes neurologiques, comme une lésion cérébrale ou une sclérose en plaques, peuvent affecter le centre de l’équilibre au cerveau. Les tensions cervicales, l’arthrose du cou ou les contractures musculaires irritent les nerfs et perturbent l’équilibre.
Comment diagnostiquer la cause ?
Le diagnostic commence par l’anamnèse, c’est-à-dire les questions du médecin : quand le vertige a-t-il commencé, comment se manifeste-t-il, y a-t-il des déclencheurs (position, mouvement, bruit), y a-t-il d’autres symptômes (acouphènes, baisse auditive, maux de tête). Les réponses orientent le diagnostic vers une cause probable.
Les tests cliniques simples suivent. Le médecin généraliste effectue la manœuvre de Dix-Hallpike : il allonge le patient sur le dos avec la tête renversée vers l’arrière. S’il y a VPPB, le patient ressent un vertige et les yeux bougent involontairement. Ce test prend quelques secondes et redresse déjà le diagnostic.
Le médecin évalue aussi l’équilibre : marche en avant et arrière, équilibre sur une jambe, coordination. Il vérifie les réflexes nerveux et la force musculaire. Ces tests aident à déterminer s’il s’agit d’un problème périphérique (oreille) ou central (cerveau).
Si le diagnostic reste incertain ou si un vertige central est suspecté, l’imagerie intervient. L’IRM cérébrale ou le scanner affichent des images détaillées du cerveau et de l’oreille interne, révélant une tumeur, une lésion ou une inflammation. Un bilan auditif complet et des tests vestibulaires spécialisés affinent le diagnostic en évaluant le système vestibulaire en détail.
Quand consulter ?
Consulter un médecin devient prioritaire si c’est le premier vertige sévère de votre vie. Un vertige prolongé mérite une visite. Si des symptômes neurologiques l’accompagnent — faiblesse, engourdissement, difficulté à parler, vision double, maux de tête intenses —, il faut consulter rapidement.
Autres signaux d’alerte : un vertige faisant suite à un trauma crânien, un vertige accompagné de fièvre ou de perte auditive, ou un vertige qui réapparaît malgré une rééducation. Les personnes âgées ou prenant de nombreux médicaments doivent aussi être attentives, car le vertige augmente le risque de chute.
Un vertige bénin, typique du VPPB (bref, déclenché par mouvement), peut être observé quelques jours avant consultation s’il n’est pas invalidant. Mais le doute qui demeure justifie une visite : seul un professionnel peut affirmer qu’un vertige est bénin.
Cet article informe sur les causes possibles du vertige. Il n’égale pas un diagnostic médical ni une consultation. Chaque situation est unique. Un vertige mérite une évaluation par un médecin généraliste ou un spécialiste de l’oreille et des voies auditives, qui peut poser le diagnostic correct et proposer un traitement adapté.




