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Sexisme en salle de sport : ce que décrivent un millier de pratiquantes
Photo Andrea Piacquadio / Pexels
Actualité

Sexisme en salle de sport : ce que décrivent un millier de pratiquantes

Sexisme en salle de sport : près de 60 % des pratiquantes ont déjà subi un comportement déplacé. Ce que dit l'étude, ce que prévoit la loi, ce qui aide.

Célia DumasCélia DumasRédactrice 9 min de lecture
Dans cet article6 parties
  1. Près de 60 % des pratiquantes déjà confrontées à un comportement déplacé
  2. De quoi parle l’étude quand elle évoque des attitudes intrusives
  3. Pourquoi le sexisme en salle de sport rend le lieu intimidant pour les femmes
  4. Le sexisme dans le sport, au-delà des murs de la salle
  5. Ce que les salles et les pratiquantes peuvent mettre en place
  6. Questions fréquentes

Près de six sur dix. D’après une étude menée auprès d’un peu plus d’un millier de pratiquantes et relayée par 20 Minutes le 16 octobre 2025, c’est la part des femmes qui ont déjà subi un comportement déplacé à la salle de sport. Le titre du quotidien le dit sans détour : 60 % des femmes ont déjà subi un comportement déplacé dans une salle de sport.

Le sexisme en salle de sport ne se résume donc pas à quelques mauvaises rencontres. C’est le vécu de la majorité. Si vous allez soulever de la fonte deux soirs par semaine pour votre dos, votre souffle ou votre moral, ce chiffre vous concerne directement.

Près de 60 % des pratiquantes déjà confrontées à un comportement déplacé

Commençons par ce que l’étude mesure. Elle ne sonde pas toutes les Françaises au hasard : elle interroge des pratiquantes de salles de sport, un peu plus d’un millier. Ce sont donc des femmes qui ont pris un abonnement, qui ont trouvé leurs créneaux et qui reviennent. Pas des femmes qui ont renoncé dès le premier jour.

Parmi elles, près de 60 % rapportent au moins un comportement déplacé. 20 Minutes le reformule aussi en « plus d’une femme sur deux ». Pour moi, c’est l’élément le plus parlant du travail relayé par le journal. Il ne s’agit pas de femmes qui ont fui la salle, mais de celles qui y vont quand même.

Une majorité, ça change la façon de voir la question. Quand une pratiquante sur dix est concernée, on parle d’incidents. Quand c’est six sur dix, ça devient une ambiance. Et une ambiance se travaille collectivement, côté salles comme côté pratiquants, hommes compris.

Infographie

Le sexisme en salle de sport en chiffres

Un peu plus de 1 000 pratiquantes interrogées

Près de 60 % ont déjà subi un comportement déplacé en salle

Comportements intrusifs

attitudes qui s’imposent à la pratiquante pendant sa séance

Atteintes à l’intégrité physique

gestes qui touchent au corps

Source : étude relayée par 20 Minutes, 16 octobre 2025.

De quoi parle l’étude quand elle évoque des attitudes intrusives

Le mot « déplacé » est large, et c’est voulu. Dans l’étude que décrit 20 Minutes, il regroupe deux familles de faits. D’un côté, les comportements intrusifs. De l’autre, les atteintes à l’intégrité physique.

La première famille, c’est tout ce qui s’impose à vous pendant que vous vous entraînez : une présence qu’on n’a pas demandée, une attention qui ne vous lâche pas entre deux séries, une remarque sur votre corps alors que vous venez pour votre squat. Pris un par un, ces faits passent pour anodins. Mis bout à bout sur des mois d’abonnement, ils pèsent.

Plus grave, la seconde famille est nommée clairement par le journal : l’intégrité physique. On parle là du corps lui-même, de gestes et de contacts. Que ces atteintes figurent dans la même étude que les attitudes intrusives dit quelque chose : tout se passe dans le même décor, entre le rack à squat et le vestiaire.

Je trouve juste ce choix de ne pas hiérarchiser d’emblée. Une pratiquante qui change ses horaires pour éviter quelqu’un n’a pas besoin qu’on lui dise si son cas est « assez grave ».

Salle de musculation équipée de machines guidées et de bancs de développé

Photo @marcuschanmedia | IG / Pexels

Pourquoi le sexisme en salle de sport rend le lieu intimidant pour les femmes

20 Minutes consacre une partie entière à cette idée : la salle de sport, un lieu intimidant, voire hostile, pour les femmes. « Hostile », c’est un mot fort. Il est pourtant cohérent avec le chiffre de départ.

Regardez l’architecture d’une salle classique. Des miroirs sur trois murs. Une zone de poids libres très masculine aux heures de pointe, entre 18 h et 20 h. Des tenues ajustées, parce qu’on ne fait pas un soulevé de terre en jogging large. Et des exercices où l’on se met dans des positions qu’on ne choisirait jamais en public.

Tout ça est normal pour s’entraîner. Il suffit d’un regard insistant pour que ça devienne inconfortable.

La conséquence, c’est l’ajustement silencieux. On décale sa séance à 7 h du matin. Le banc près de l’entrée, on l’évite. Le casque reste vissé sur les oreilles pour couper court à toute conversation. Et le tapis de course remplace la barre pour laquelle on était venue. Personne ne le mesure, et pourtant ça grignote ce pour quoi on paie son abonnement.

C’est ce point qui me fait dire que le sujet dépasse la morale. Une femme qui n’ose plus aller dans la zone de musculation se prive d’une pratique bonne pour ses os, ses articulations et son métabolisme. Le sexisme en salle de sport finit par devenir une question de santé, très concrète.

Le saviez-vous ?

L’outrage sexiste est sanctionné en France depuis 2018. Depuis le 1er avril 2023, sa forme aggravée est un délit puni de 3 750 euros d’amende, et le texte s’applique aussi dans des lieux privés, pas seulement dans la rue. Une salle de sport en fait partie.

Source : Éditions Tissot, article publié le 1er février 2023, mis à jour le 3 avril 2023.

Le sexisme dans le sport, au-delà des murs de la salle

Ce que décrit l’étude a un nom dans le droit français : l’outrage sexiste et sexuel. Le texte vise le fait d’imposer à quelqu’un un propos ou un comportement à connotation sexuelle ou sexiste qui porte atteinte à sa dignité, parce qu’il est dégradant ou humiliant, ou qui crée une situation intimidante, hostile ou offensante. Un seul fait suffit.

Relisez les mots « intimidante, hostile ». Ce sont ceux que 20 Minutes emploie pour décrire la salle de sport vue par les pratiquantes. Ce n’est pas un hasard. Ces situations du quotidien, le droit les vise directement, pas seulement les cas extrêmes.

La loi n° 2023-22 du 24 janvier 2023 a durci les choses. Depuis le 1er avril 2023, l’outrage aggravé est un délit, puni de 3 750 euros d’amende. Parmi les circonstances aggravantes prévues : agir à plusieurs, viser une mineure, ou abuser de l’autorité que confèrent ses fonctions.

La forme simple est passée en contravention de 5e classe à la même date. Un coach qui profite de sa position pour imposer des remarques ou des gestes déplacés entre dans la forme aggravée.

Pour les atteintes physiques, on sort de l’outrage et on entre dans d’autres qualifications pénales, plus lourdes. Dans ce cas, la bonne interlocutrice reste la police ou la gendarmerie, et une association d’aide aux victimes pour se faire accompagner.

Groupe de femmes pendant un cours collectif dans une salle de sport

Photo khezez | خزاز / Pexels

Ce que les salles et les pratiquantes peuvent mettre en place

Le chiffre de 60 % a un mérite : il donne une base de départ aux salles qui veulent bien faire. Les leviers, eux, sont simples. Le premier tient à l’affichage. Un règlement intérieur qui écrit noir sur blanc que les remarques et les gestes déplacés entraînent l’exclusion, placé à l’accueil et dans les vestiaires, pose le cadre dès l’entrée.

Vient ensuite la présence humaine. Un coach qui circule sur le plateau aux heures chargées, plutôt que de rester derrière le comptoir, change l’atmosphère de la zone de poids libres. Avoir un nom clairement identifié, à qui l’on signale un problème sans passer par un formulaire anonyme, rassure beaucoup.

Côté pratiquantes, quelques réflexes aident à garder sa séance pour soi. Venir à deux les premières semaines pour prendre ses marques. Repérer le membre de l’équipe à qui l’on peut parler. Passer par les cours collectifs pour découvrir les machines avec un encadrant avant de s’y lancer seule.

Si un comportement dépasse les bornes, pensez à noter la date, l’heure et ce qui s’est passé : un signalement précis se traite bien plus vite.

Reste le rôle des hommes qui s’entraînent à côté, et franchement, c’est celui qui compte le plus. D’un simple « tout va bien ? », un témoin désamorce bien des situations. Dans une salle où six pratiquantes sur dix ont déjà vécu un comportement déplacé, chacun croise forcément quelqu’un qui l’a subi.

Si vous ne deviez retenir qu’une chose : votre place sur le banc de développé couché vaut celle de n’importe qui. Lisez l’enquête de 20 Minutes, montrez-la au responsable de votre salle, et demandez-lui qui est votre interlocuteur en cas de problème. Une question posée à l’accueil, c’est par là qu’une salle commence à changer.

Questions fréquentes

Combien de femmes ont subi un comportement déplacé en salle de sport ?

Près de 60 %, selon une étude menée auprès d’un peu plus d’un millier de pratiquantes et relayée par 20 Minutes le 16 octobre 2025. Plus d’une femme sur deux est donc concernée.

Quels comportements sont cités dans l’étude ?

Deux familles de faits : les comportements intrusifs et les atteintes à l’intégrité physique. Le détail figure dans l’article de 20 Minutes.

Une remarque sexiste à la salle de sport est-elle punie par la loi ?

Oui. L’outrage sexiste et sexuel s’applique aussi dans les lieux privés. Depuis le 1er avril 2023, sa forme simple est une contravention de 5e classe et sa forme aggravée un délit puni de 3 750 euros d’amende.

À qui signaler un comportement déplacé dans sa salle ?

D’abord à l’équipe de la salle, idéalement à une personne identifiée, avec la date et l’heure des faits. En cas de contact physique ou de menace, à la police ou à la gendarmerie.

Sources

20 Minutes, « Sexisme : Près de 60 % des femmes ont déjà subi un comportement déplacé dans une salle de sport », 16 octobre 2025.

Éditions Tissot, « Outrage sexiste et sexuel aggravé : un délit à compter du 1er avril 2023 », publié le 1er février 2023, mis à jour le 3 avril 2023.

Éditions Tissot, « Outrage sexiste et sexuel simple : une contravention de 5e classe à compter du 1er avril 2023 ».

Célia Dumas
Écrit par

Célia Dumas

Rédactrice · Famille, santé, cuisine, maison, argent

Célia Dumas écrit sur la famille, la santé, la cuisine, la maison et l’argent du foyer : des réponses claires aux questions du quotidien, avec les sources officielles pour vérifier.